Vaincre la peur de l’avenir : quoi faire quand l’anxiété prend le contrôle de ta vie ?

Vaincre la peur de l’avenir : quoi faire quand l’anxiété prend le contrôle de ta vie ?

L'anxiété fait partie du travail de leader. Dans cet article, je t'explique pourquoi la nier peut te nuire. Je te propose trois leviers concrets pour reprendre le contrôle : nommer ton inquiétude, aller chercher les vrais retours, et prendre soin de toi avant de prendre soin des autres.

Est‑ce que tu portes un projet de transformation depuis des mois et tu sens que ça fait du surplace ? Et ça te pèse?

Tu as déjà passé une soirée entière à ruminer une décision sans en parler à personne, pas même à ton équipe de direction ?

Tu feins la confiance devant les autres, alors qu’en dedans, tu es pas mal moins sûr de toi ?

Si tu as répondu oui à une ou plusieurs de ces questions, tu n’es pas seul. Et surtout, tu n’as rien à te reprocher. On se sent souvent seul dans ce type de situation…

L’anxiété n’est pas un signe de faiblesse chez un leader. Au contraire : c’est naturel de la ressentir.

Ce qui importe, c’est surtout ce que tu fais avec l’anxiété, une fois que tu en prends conscience.

Et non : la nier est loin d’être la bonne solution. Même si tu crois, à tort, que ça te donne l’air d’être un leader plus crédible.

Ce qui se passe quand on refoule son anxiété

Quand tu évites de regarder ton anxiété en face, elle ne disparaît pas pour autant : elle se déguise.

Tu vis des doutes, des inquiétudes, mais tu ne les questionnes pas. À la place, tu rallies ton équipe autour d’une grande vision, une transformation, un virage stratégique qui peuvent s’avérer une erreur.

Pendant un temps, ça fonctionne : l’anxiété s’efface, tu as l’impression d’avancer dans la bonne direction.

Puis, quand les résultats tardent, tu cherches un coupable : un département, un service, une personne, plutôt que de te demander ce que toi, tu aurais pu faire autrement.

Et quand même ça ne suffit plus à calmer le malaise, tu te réfugies dans des rituels vides : des rencontres de mobilisation, des campagnes de communication interne qui, au final, n’améliorent pas grand-chose.

Le résultat ? Une organisation qui s’épuise et qui tourne en rond, et un leader qui se sent de plus en plus seul avec ses doutes.

Il existe trois façons concrètes de sortir de ce cycle

  1. Nomme ton inquiétude avant d’imposer ta vision

La première chose à faire est simple à dire, mais exigeante à vivre : nomme ton inquiétude avant de partager tes doutes et/ou de proposer ta vision.

Qu’est-ce qui t’habite vraiment en ce moment ?
La croissance qui ralentit ?
Une décision que tu repousses ?
Le sentiment de ne plus être le leader que tu voudrais être ?

Tu n’as pas besoin de projeter une confiance que tu n’as pas.

Au contraire : dire tout haut ce que plusieurs pensent tout bas, c’est souvent ce qui libère une équipe, pas ce qui l’inquiètera davantage.

Un leader qui admet une inquiétude légitime, sans dramatiser, envoie un message clair : ici, on n’a pas besoin de jouer un personnage.

  1. Va chercher les vrais retours, pas juste ceux qui rassurent

Ensuite, entoure‑toi de gens qui vont te dire la vérité, pas juste ceux qui vont te rassurer.

Qui, dans ton organisation, connaît vraiment ce qui se passe sur le terrain ?
Est‑ce que tu leur donnes réellement l’espace pour te contredire ?

Ce n’est pas une question de trouver un avocat du diable ou de multiplier les critiques. C’est d’aller chercher un soutien honnête : des gens à qui tu dis clairement que tu veux savoir, même si ce n’est pas toujours facile à entendre.

Rarement un leader se trompe complètement seul.
Il se trompe plutôt en s’entourant de gens qui n’osent rien lui dire.

Et en osant être vulnérable, tu permets aux autres de se sentir plus à l’aise de s’exprimer sans filtre.

  1. Prends soin de toi avant de prendre soin des autres

Et finalement, prends soin de toi avant de prendre soin des autres.

Un leader vidé n’a rien à donner, même s’il le voulait.

La bienveillance, l’écoute, la présence : tout ça demande de l’énergie, et cette énergie‑là, tu dois d’abord la trouver pour toi‑même avant de pouvoir l’offrir à ton équipe.

Prendre soin de quelqu’un ne se résume pas à lui demander comment il va.

C’est aussi remarquer qui porte trop, qui fait semblant que tout va bien alors que ce n’est pas le cas, et leur donner la permission d’arrêter de faire semblant.

Et ça commence par t’offrir ça avant de l’offrir aux autres.

Un signal, pas un ennemi

L’anxiété ne va jamais disparaître complètement du rôle de leader. Ce n’est d’ailleurs pas l’objectif.

Le vrai travail, c’est d’apprendre à la reconnaître, à la nommer et à s’en servir comme un signal plutôt que de la fuir. Cela me réussit bien quand j’arrive à me demander : « qu’est-ce que cette émotion veut me dire? »

Un leader qui accepte son inquiétude sans se juger devient un leader plus connecté à son équipe, plus lucide dans ses décisions et plus solide face à l’avenir.

Si cette réflexion résonne chez toi, on peut en parler. Un accompagnement personnalisé commence souvent par une conversation honnête sur ce qui t’habite vraiment en ce moment. Écris-moi.

Cet article s’inspire des travaux de Declan Fitzsimons, Gianpiero Petriglieri et Jennifer Petriglieri, publiés dans Harvard Business Review.

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Marc Blais par Gaelle Vuillaume-2_11zon