Face à l’incertitude et à l’accélération du changement, de plus en plus de PDGs retournent dans l’opérationnel. Un réflexe compréhensible, mais qui prive l’équipe de ce dont elle a le plus besoin en période trouble : de la clarté dans la vision et des décisions alignées.
En réponse au contexte instable des derniers mois, j’observe une tendance : de plus en plus de leaders replongent dans les opérations de leur entreprise.
Ils reprennent des dossiers, valident des détails, exécutent des tâches qu’ils avaient pourtant déléguées depuis longtemps.
Je peux comprendre pourquoi (je l’ai déjà fait). C’est une tentative de reprendre le contrôle alors que tout vacille.
Un contexte incertain qui réveille nos mécanismes de survie
Regardons bien le contexte dans lequel on navigue actuellement :
- L’intelligence artificielle bouleverse les façons de faire à une vitesse jamais vue ;
- L’incertitude économique et politique rend toute planification fragile : les tarifs changent, les règles du jeu sont ébranlées, les marchés sont instables.
Résultat ? La prévisibilité, cette matière première du leader, s’est évaporée!
Et quand on ne contrôle plus l’externe, on se rabat instinctivement sur ce qu’on peut contrôler : le concret, l’immédiat, les tâches du quotidien.
Plonger dans l’opérationnel, c’est rassurant. Tu as l’impression d’avancer, de contribuer, de protéger ton entreprise.
C’est humain. C’est même nécessaire parfois, à court terme.
Mais voilà le piège : ce qui ressemble à de l’engagement est souvent une fuite déguisée.
Le leader est d’abord le capitaine de son bateau !
Pendant que tu éteins des feux, qui regarde l’horizon ?
Pendant que tu valides des détails, qui réfléchit à la direction que prend l’entreprise ?
Le brouillard est dense, justement. Et c’est précisément quand le brouillard est dense que ton équipe a besoin d’un capitaine à la barre, pas d’un matelot de plus dans la salle des machines.
Si tout le monde rame et que personne ne navigue, vous avancez peut-être… mais vers quoi ?
Gérer le changement au lieu de le subir
L’accélération du changement ne se gère pas en travaillant plus fort dans les opérations. Elle se gère en se posant une question simple et complexe à la fois : c’est quoi, notre processus de changement ?
Quand un bouleversement majeur arrive, comment on le gère exactement ?
Qui évalue, qui décide, qui implante, qui mesure ?
Si tu n’as pas de réponse claire à ces questions, ton organisation ne gère pas le changement : elle le subit.
Un exemple : l’implantation de l’intelligence artificielle
Prenons l’exemple de l’IA. Elle peut être extrêmement rentable au sein d’une entreprise. Les gains de productivité sont réels, mesurables, parfois même spectaculaires.
Mais entre vouloir développer l’IA et le rentabiliser vraiment, il y a un monde.
Certains l’implantent à moitié, sans rigueur, par paresse intellectuelle : on achète un outil, on coche la case, on passe à autre chose. Et on s’étonne ensuite que les résultats ne suivent pas.
La différence entre ceux qui l’implantent de manière adéquate et les autres ? La qualité du leadership.
Et ce leadership ne consiste pas à faire à la place des autres. Il consiste à clarifier l’intention, à structurer la démarche, à donner les moyens, puis à s’assurer que ça se fasse avec rigueur.
Garde le cap et reste le phare de ton équipe !
En période trouble, ton équipe n’attend pas de toi que tu sois partout. Elle attend surtout : de la clarté.
Elle a besoin de savoir que quelqu’un, quelque part, garde une vue d’ensemble pendant qu’elle exécute.
Quand tu descends dans l’opérationnel, tu lui retires exactement ça. Et tu lui envoies, sans le vouloir, un message inquiétant : même le patron ne sait plus où on s’en va.
Alors la prochaine fois que tu sentiras l’envie de reprendre un dossier « juste pour être sûr », pose-toi la question : est-ce que c’est vraiment ce dont l’entreprise a besoin, ou est-ce que c’est ce dont toi, tu as besoin pour calmer ton inconfort ?
Tenir sa posture de leader quand tout pousse à redescendre dans les opérations, c’est exigeant. Mais c’est un muscle qui se travaille, surtout dans la tempête.
Et c’est exactement le genre de travail qu’on fait ensemble en coaching privé. Si tu te reconnais dans ces lignes, écris-moi.