À 60 ans, j’ai compris que l’inaction n’est pas une bonne idée ! De la sédentarité à l’ultra-trail, ce parcours raconte bien plus qu’une remise en forme : il montre comment la discipline, l’entourage et l’imputabilité transforment l’identité d’un leader qui se préoccupe d’autres leaders. Une leçon sur la performance durable, le leadership et l’atteinte d’objectifs un peu fous !
Cette histoire n’est pas celle d’un sportif. C’est celle d’un leader de leaders qui a compris que la performance durable commence par ses fondations solides.
Janvier 2021, début soixantaine. Je suis dans mon salon, confortablement assis dans mon fauteuil préféré, sauf que je n’arrive pas à en profiter : j’ai mal dans tout mon corps !
Je ne suis pas malade. Je souffre… de ne pas bouger.
À l’époque, je suis extrêmement sédentaire. Je marche 15 minutes aux deux jours. Et je crois que je suis actif !
Quand on ne bouge plus, on ne souffre pas d’un coup : on s’atrophie très lentement, sans même s’en rendre compte.
Le moment clé : je me souviens de m’être demandé : « Si je ne change rien, comment sera ma vie dans 20 ans ? »
Et je n’ai pas aimé ma réponse !
Ce que je ne savais pas encore, c’est que cette question n’était pas philosophique, mais bien biologique. À partir de 60–65 ans, chaque année de sédentarité accélère le déclin de la force, du cœur, de l’équilibre et de l’autonomie. Lentement, mais sûrement.
Les études sont claires : entre 65 et 95 ans, une personne active peut conserver 10 à 20 ans d’autonomie de plus qu’une personne sédentaire.
J’aurais pu ne rien décider, ne rien faire. D’oublier, et de vivre avec les conséquences plus tard.
Mais… Intégrité oblige, je devais faire quelque chose !
Les premiers pas de la remise en forme
J’ai décidé de prendre un entraîneur, Hamza Azzouzi.
Hamza, c’est un coureur, un vrai.
Il prend le temps de m’expliquer ce que c’est, ÊTRE un coureur : le mode de vie que cela implique, la nutrition, les habitudes, etc.
Ça ne me motive pas plus que ça, mais je sais que je dois faire quelque chose.
Alors, je me mets à bouger lentement.
Je commence par marcher jusqu’à 10 000 pas par jour. C’est toujours l’hiver, et je sors le soir avec ma frontale, peu importe la température froide ou la neige. J’en souffre !
À ce moment-là, j’avais surtout besoin de me mettre en mouvement, mais aussi, je constate que je manque d’imputabilité. Quelqu’un à qui je devais rendre des comptes, pour agir même quand je n’en avais pas envie. Mes groupes TEC m’aident à continuer, je ne peux les décevoir.
Devenir un coureur
Quatre mois plus tard, Hamza me dit : « C’est ce matin que tu cours ! ».
Sur le coup, j’ai répondu non.
Je pensais que j’allais mourir, me briser en petits morceaux comme du verre cassé !
Je croyais réellement que c’était au-dessus de mes forces…
Mais il m’a encouragé, et j’ai fini par courir un gros total de 12 minutes.
J’étais fier, mais très épuisé !
J’ai heureusement survécu (comme tu t’en doutes !) et j’ai couru occasionnellement par la suite.
L’amour de la course grandit peu à peu
Des mois plus tard est arrivée ma 2e entraîneuse, Anne-Stéphanie Fournier-Cloutier.
Tout sourire, elle me pousse vers ce que je considère comme impossible : courir plusieurs dizaines de minutes d’affilée, rapidement. Encore une fois, je suis certain que je mets ma vie en danger !
Elle, elle sourit… Tout en s’assurant que je ne meurs pas !
Encouragé par Anne-Stéphanie, je cours mon premier 5 km à vie. J’ai 62 ans.
L’année suivante, je cours pour la première fois 10 km.
Bon, ça y est, là, j’ai la piqûre ! Je ne crois pas ce que je viens de faire. Je me souviens de m’être demandé : « Y a-t-il une limite à ce que je peux accomplis ? »
S’enchaînent dans les mois suivants mon premier demi-marathon, suivi d’un marathon complet.
Chaque fois, je survis ! Mais je souffre énormément, et donc… j’apprends beaucoup, et très vite. Dans mon cas, la souffrance accélère l’apprentissage !
J’ai appris que progresser n’est pas une question d’intensité, mais de constance.
Je n’aurais jamais cru dire ça, mais j’aime ça, la course, finalement.
La découverte du trail
En 2024, je découvre le trail.
Je commence par un 45 km. C’est très dur. Je n’y connais rien.
Je deal avec des racines, de la boue et des roches. Des obstacles sur l’entièreté de la route.
Je pense : c’est comme la vie ! Et j’aime ça.
Je termine dernier.
Le trail m’apprend une chose essentielle : quand le terrain devient imprévisible, la performance ne repose pas sur la vitesse, mais sur l’adaptation. Exactement comme en leadership.
Je termine l’année avec un autre trail de 55 km et 2300 m de dénivelé, celui de Bromont.
Je n’aurais jamais pensé courir si longtemps en montagne ! Temps total : 12 heures 30 minutes.
Je suis bien entouré : j’ai une nouvelle entraîneuse : Véronique Dumont, qui court aussi le trail.
Intense et organisée, elle m’enseigne ce que je dois changer pour y arriver. Je perds 10 livres. Je me renforce. Je me nourris et je vis comme un athlète.
Mais dans ma tête, je n’en suis pas (encore) un.
La clé du succès : être bien entouré
En 2025, j’ai plusieurs échecs et un succès : inspiré par Mark Bentz, je cours 100 km !
Je perds un autre 10 livres. Je gagne en force. Et de plus en plus, mon corps ressemble à celui d’un coureur. Mon esprit aussi.
Mon corps a changé, oui. Mais surtout, mon identité a suivi.
On ne devient pas ce qu’on vise. On devient ce qu’on pratique, jour après jour.
Je réalise que modifier mes habitudes pour y arriver a été possible uniquement parce que l’atteinte de mon objectif allait avoir un impact sur d’autres personnes que moi.
Par exemple, donner de la motivation aux autres et leur montrer que ce genre d’exploit sportif est possible, peu importe notre âge.
Se motiver, c’est bien. Avoir un impact, c’est mieux !
J’ai couru le Bromont Ultra 80 (80 km et 3300 m de dénivelé), ce qui représente l’équivalent de 113 km sur le plat.
Être bien entouré (entraîneur, coach, famille et amis) pour atteindre ses buts est vital !
Rien de tout ça n’aurait été possible seul.
La performance durable est toujours un sport d’équipe, même quand l’effort semble individuel.
2026, j’arrive
Mon objectif 2026 : courir un 200 km !
Je suis très bien entouré et imputable envers les leaders et les équipes de direction que j’accompagne.
Je leur ai annoncé mon objectif, et je vais faire tout en mon possible pour l’atteindre. Et si j’échoue, je saurai au moins que j’ai fait tout en mon pouvoir pour donner le meilleur de moi.
J’ai compris que quand je fais de mon mieux, je ne suis jamais déçu !
Et toi :
- Est-ce que tu t’auto-sabotes par confort ?
- Qui te rend imputable, vraiment ?
- Qui compose l’équipe de rêve qui assurera ton succès ?
En tant que guide exécutif, je suis là pour t’aider à accomplir tes objectifs. Je connais la trail !