Devenir dirigeant peut s’avérer une transformation exigeante : on passe du faire à l’orchestration, avec solitude et surcharge mentale en prime. Élise Crevier, présidente de C3 Solutions, en sait quelque chose ! Comment se réinventer sans s’essouffler ? Selon elle, cela passe par le lâcher-prise et par le fait de bien s’entourer.
Devenir dirigeant d’entreprise pour la première fois, ça ne se fait pas sans bouleversements ni remises en question.
C’est une mue complète : tu changes de posture, de responsabilités et, souvent, d’identité.
Dans mon podcast Portrait de leader, Élise Crevier, présidente de C3 Solutions, est venue parler de sa transition professionnelle de VP opérations à présidente.
Avec ce changement de rôle, elle a ressenti une vague de charge mentale qui l’a surprise par son ampleur. Dans cet épisode, elle nous partage ce qui l’a aidé à reprendre pied et à s’ancrer dans son rôle de leader.
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Se réinventer pour ne pas s’essouffler
Lorsqu’on est catapulté du jour au lendemain dans un rôle de leader, on peut se sentir soudainement responsable de tout… et de tout le monde ! Est-ce ton cas ?
La solitude s’invite. Le réflexe de contrôle aussi.
Tu veux tout voir, tout décider et tout réparer ?
Ce réflexe a pu faire ses preuves dans tes rôles précédents. Sauf qu’au niveau présidentiel, il se retourne contre toi.
Plus tu cherches à tenir chaque ficelle, plus l’organisation s’essouffle et plus ton jugement se brouille.
Te réinventer commence ici : accepter que l’excellence du dirigeant n’est pas dans l’exécution, mais dans l’orchestration.
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Apprendre à lâcher prise : du contrôle à la confiance
Élise l’a appris rapidement : la sortie d’inconfort passe par la délégation réelle et par le lâcher-prise intentionnel.
Cela demande une compétence sous-estimée : faire grandir le leadership autour de toi. Tu ne délègues pas seulement des tâches ; tu délègues de la clarté et de l’autorité.
Trois leviers très concrets pour te permettre d’y arriver :
- Définis l’intention (le pourquoi et l’impact attendu) avant de parler des livrables.
- Donne le cadre (métriques, priorités, limites) pour sécuriser la prise d’initiative.
- Protège l’autonomie en résistant à la tentation de « reprendre » les tâches quand ça va moins vite ou quand tu ressens un manque de confiance.
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Renforcer l’équipe de gestion
Le sentiment de contrôle revient quand l’équipe de direction se muscle. Élise a choisi d’investir dans le développement, la communication et l’alignement de ses gestionnaires.
Résultat : ils peuvent enfin discuter des angles morts tout le monde ensemble.
Le dirigeant devient le chef d’orchestre d’un collectif lucide. Concrètement, c’est cesser de centraliser tes décisions pour installer un cadre clair où chaque VP décide à son niveau, synchronisé par toi sur une même intention.
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Le piège du micromanagement
Sous pression, tu es tenté de retomber dans l’opérationnel ? Tu crois aider ton équipe, alors que c’est souvent le contraire qui se produit.
Tes ressources comprennent : « tasse-toi, je ne te fais pas confiance, je vais le faire à ta place ».
À court terme ça rassure, à long terme ça mine l’autonomie. L’équipe devient trop prudente et l’innovation est freinée.
La discipline du dirigeant, c’est de rester à haute altitude pour avoir une vue d’ensemble.
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Sortir de la solitude : la valeur des pairs
Devenir dirigeant, ça peut aussi venir avec beaucoup de solitude. C’est quelque chose que tu vis ?
Élise mentionne qu’elle aurait aimé comprendre plus tôt la valeur de s’entourer d’autres présidents, comme dans un groupe TEC Canada.
Les groupes de pairs brisent l’isolement, confrontent les angles morts et accélèrent l’apprentissage.
On réalise qu’on n’est pas seul à vivre ces tensions, et on repart avec des décisions plus solides et assumées.
Devenir une autre version de soi-même pour élever l’entreprise
Te réinventer quand tu deviens dirigeant, c’est devenir la version de toi qui est utile au niveau où tu joues maintenant :
- Tu renonces au contrôle immédiat pour construire de la capacité durable ;
- Tu bâtis une équipe de direction qui voit loin, qui innove et soutient la croissance ;
- Tu protèges ton énergie pour rester à la bonne altitude ;
- Et tu t’entoures de pairs pour ne plus piloter seul.
C’est ce basculement qui transforme une nomination en présidence en véritable leadership.
Besoin d’un regard extérieur pour franchir l’étape suivante, renforce ton équipe de gestion et tenir ta posture de président ?
C’est précisément ce que je fais en coaching exécutif et en groupe TEC. On commence quand ?